Vous l’avez sûrement remarqué, pas une semaine ne passe sans que sorte un film en 3D. Cette révolution technologique n’est pas l’apanage d’Hollywood et en France aussi, on commence à constater un certain engouement pour la stéréoscopie.
Comment ça marche ? Si l’on voit en relief, c’est parce que l’on a deux yeux. Notre cerveau reçoit donc deux images et à partir de ça, il crée cette impression de relief.
Au cinéma c’est la même chose. On tourne avec deux caméras dont l’écart a été étudié selon l’effet voulu et l’on projette ces deux images sur l’écran. Le rôle des lunettes est de faire en sorte que chaque œil ne reçoive que l’image qui lui est destinée. Grâce à ce procédé, notre cerveau recrée l’impression de relief.
Comment ça se passe ? Lorsque l’on décide de tourner en stéréoscopie, les coûts augmentent incontestablement, mais pas autant que l’on pourrait le croire.
Il faut ajouter à notre équipe habituelle des techniciens spécialisés dans la stéréoscopie dont notamment le stéréographe qui, en tant qu’expert, intervient dès le scénario, collabore avec le réalisateur, guide le cadreur, est l'interlocuteur du directeur de la photographie, intervient en montage et à la postprod, etc. Il est accompagné d’un assistant stéréographe et d’un ingénieur vision 3D.
L’étrange objet qui permet de positionner les deux caméras s’appelle un rig stéréoscopique. Il existe des rigs à plat, des rigs à miroir, des rigs adaptés au steadicam… On choisi son type de rig en fonction du plan à tourner.
Le temps de tournage peut être quasi égal à celui d'un tournage "classique" si l'équipe est bien organisée.
Halte aux idées reçues ! Non, la stéréoscopie n’est pas réservée aux films du Futuroscope. Cette technologie peut s’adapter à tout type de projet, selon les désirs du réalisateur.
On a souvent des idées fausses sur les films en relief mais contrairement aux idées reçues on n'a pas forcément besoin de beaucoup de lumière tout le temps. De même, les mouvements rapides sont possibles s'ils sont faits comme il faut. Il n’est pas non plus nécessaire que le film soit un enchaînement de plans à effet. C'est un film avant tout, avec une histoire, des personnages, des émotions, etc. Il faut prévoir le relief comme une modulation sur toute la durée du film.
Il n’y a pas d’interdit avec la stéréoscopie. Tout est envisageable.
PIXAR est la société qui a littéralement créé l'animation 3D et produit les films les plus novateurs avec cette technique. Alors que Toy Story 3 est de retour dans les salles obscures pour un 3ème opus, j'ai eu la chance de rencontrer Julien SCHREYER, qui travaille chez PIXAR depuis plusieurs années et qui bien voulu répondre à quelques questions.
Peux tu évoquer ton parcours en France puis aux USA, et expliquer précisément en quoi consiste ton travail chez Pixar ?
J.S : Mon parcours en France a été varié, d'abord une carrière dans la musique comme disk-jockey ensuite j'ai suivi une formation sur ordinateur pour un métier qui démarrait a l'époque : animateur 3D. J'ai commence comme animateur sur une des premières séries 3D : « Insektors ». Ensuite j'ai navigué plusieurs années en touchant un peu à tout en 3D (animation, rendu, modélisation, etc...) dans différentes sociétés de production ou même de jeux vidéo. Le travail sur Paris devenant assez saturé et difficile, je suis parti un été aux Etats-Unis démarcher des sociétés pour trouver du travail.
A ce moment Tippett Studio démarrait une production d'Effets Spéciaux sur le nouveau film d'Ivan Reitman : « Evolution » et j'ai eu l'énorme chance de commencer comme « Lighting Director » sur ce projet. Ensuite je suis resté 7 ans à Tippett Studio, travaillant sur différents films comme Lighting Director et supervisant aussi la lumière sur 2 films. Puis j'ai entendu parler d'un projet chez Pixar (« Ratatouille ») qui allait se passer à Paris et sur la nourriture, aussi je n'ai pas pu résister et je suis allé travailler sur ce Ratatouille!
Je suis donc maintenant Technical Director à Pixar, ce travail consiste à construire et gérer les images pour le visuel, il faut plusieurs paliers pour construire un film et à Pixar tout est fait maison depuis la création de l'histoire jusqu'à la livraison du film.
Je fais partie du département lumière, nous sommes responsables du rendu, ce qui consiste à mettre la lumière dans les scènes d'animations 3D et de calculer les images avec le moindre défaut possible.
Tu as travaillé plusieurs années en France dans le domaine des images de synthèse, puis tu es aux USA depuis une dizaine d'années. Est ce que tu peux nous parler des différences qui t'apparaissent en matière de méthode de travail, peux tu expliquer ce qui fait que les films d'animation américains semblent mieux réussir en salle que les films français d'animation?
J.S : C'est assez difficile de comparer Pixar à une société de production française, puisque Pixar est assez unique en son genre! Une différence qui m'est toujours apparue depuis que je suis aux Etats-Unis c'est l'ouverture et la générosité professionnelle que j'ai difficilement perçue en France, mais que j'avais eue en travaillant en Belgique à Bruxelles.
Lorsque j'ai travaillé à Paris dans les sociétés de production audiovisuelle ce n'était pas structuré et moins spécialisé que ce que je fais maintenant ici, mais c'est peut être
aussi le fait de travailler pour de plus grands projets comme des films plutôt que des publicités.
Je ne connais pas les résultats Box-office des films d'animations français mais la France ou l'Europe ont aussi bien leur place dans ce domaine, l'histoire du Box office est un peu mystérieuse. Je ne connais pas forcement de recette miracle, à part peut-être faire mon travail à fond et le mieux possible.
Peux tu nous parler de l'ambiance de travail à Pixar, les conditions, et quel est le secret de cette société qui fait son succès?
J.S : L'ambiance est assez confortable, nous sommes localisés dans le East-bay de San Francisco, ce qui est un endroit hyper confortable pour vivre.
Le bâtiment de Pixar est moderne et lumineuxnous sommes tous sous le même toit avec notre cafétéria au centre, notre communauté se retrouve donc assez souvent ensemble : une grande famille en quelque sorte! C'est un travail de groupe ou chacun donne le plus possible, cette combinaison d'énergie et de talent est certainement un plus.
Le court métrage est incontournable à Pixar! Nous pouvons tester la technologie et découvrir de nouveaux talents par ce biais.
Le marché de l'animation 3D et des SFX s'est globalisé, est devenu de plus en plus concurrentiel. L'animation est beaucoup sous traitée en Asie, c'est devenu une industrie qui emploie des milliers de personnes et qui génère beaucoup d'exportations. Est-ce le cas aux USA?
J.S : C'est vrai que beaucoup de studios ont sous-traité des productions en Asie, cela va-t-il durer? Je n'en suis pas si sur, visiblement les projets sont difficiles à superviser depuis l'étranger et souvent la qualité n'a pas été la même. Pour ce qui nous concerne nous restons tous ensembles à Pixar et nous nous agrandissons.
Je ne comprendrais pas pourquoi une société américaine viendrait s'implanter en France, il n'y aurait pas beaucoup de logique là dedans. Par contre la logique du blockbuster est de faire des films qui contiennent des tonnes d'effets spéciaux, donc le travail et les moyens partent essentiellementd'Hollywood.
Les envoyés spéciaux du MPA, nous informent en direct de la Croisette !
Une palme d’or à l’image du fantasque Tim BURTON, président du Jury de cette 63ème édition !
La palme d’or 2010 remise par Charlotte Gainsbourg à la cérémonie de clôture a été décernée avec surprise à l’inattendu film thaïlandais « Oncle Boonmee » (qui se souvient de ses vies antérieures) d'Apitchapong Weerasethakul (sortie le 01/09/10). Un choix jugé culoté et courageux de la part des membres du jury pour ce film dit expérimentale qui plonge le spectateur avec « ennui » ou « passion » dans un voyage visuel et sonore autour du thème de la réincarnation. Un univers peuplé de créatures mythiques non sans déplaire au cinéaste Tim Burton, dont l’étrangeté du genre a su toucher son âme de grand fantaisiste ! Un film qui cependant risque d’échapper une fois de plus au grand public.
Le palmarès : Bon cru 2010 pour le cinéma français !
Grand prix : « Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois – Film français
Prix du jury : « Un homme qui crie » de Mahamat Saleh Haroun – Film tchadien
Prix de la mise en scène : « Tournée » de Mathieu Amalric – Film français
Prix du scénario : « Poetry » de Lee Chang-Dong – Film coréen
Prix d'interprétation masculine ex aequo : Javier BARDEM dans Biutiful de Alejandro Gonzalez Inarritu
et Elio GERMANO dans La nostra vita de Daniele Luchetti
Prix d'interprétation féminine : Juliette BINOCHE dans Copie Conformed'Abbas Kiarostami
Une belle vitrine à l’international du cinéma français reconnu dans ce 63ème palmarès
Des films créant la polémique : troubles fêtes ?
De nombreux manifestants ont envahi la Croisette ce vendredi 21 mai, jour de la projection officielle du très controversé « Hors la loi » de Rachid Bouchared. L’équipe d’acteurs au complet, récompensée en 2006 du prix d’interprétation masculine pour « Indigènes », a monté les marches sous les regards inquiets des forces de l’ordre venues en masse pour encadrer l’événement. La question de la représentation de l’Algérie sur les écrans a suscité les débats, rameuté les foules et agité la Presse ! D’une part avec le portrait de 3 frères intégrants le FNL lors de la Guerre d’Indépendance de l’Algérie dans « Hors la loi » et dans une moindre mesure avec celui des moines chrétiens massacrés dans les montagnes algériennes dans « Des hommes et des dieux ». De quoi plomber un peu l’ambiance glamour du festival.
Une sélection officielle peu joyeuse à l’exception de « Tournée », le film de Mathieu Amalric et ses danseuses burlesques !
Tout commence avec cette affiche quasi-fantomatique de Juliette Binoche au visage gris sur fond bleu, affiche officielle de ce 63ème festival qui annonce déjà le ton ! Pas très haute en couleurs, la sélection des films en compétition semble suivre à son tour la tendance. Enfant abandonné, destin tragique, homme torturé, derniers jours à vivre, trahison politique, autant de thèmes difficiles qui ont été traité sur les écrans du Grand Palais au désespoir des spectateurs ! « Tournée » de Mathieu Amalric vient égailler un peu cette sélection et redonner un peu de couleur à ce festival bien morose.Ce film met en scène des danseuses burlesques nous plongeant dans un monde extravagant de fantaisie, de chaleur et de fête. Merci Amalric !
De nombreux absents au grand regret des festivaliers
Ridley Scott, réalisateur du film d’ouverture « Robin des bois »;
Sean Penn, tête d’affiche du film en compétition « Fair Game »;
Jean-Luc Godard, monstre du cinéma français présentant « Film socialisme » dans la catégorie « un certain regard »;
Les premiers d’une liste d’absents un peu trop longue au goût des organisateurs et à la déception des festivaliers...
« Kaboom », une perle hors compétition !
Avec sa version corrosive du teen movie américain, Greg Araki ravi la critique et reçoit un excellent accueil au Festival de Cannes. Le réalisateur nous offre ici un film complètement barré, drôle et sexy pour un cocktail explosif servi par une image lumineuse et juste sublime.
Smokings et robes en tout genre pour une cérémonie un peu longue voire prévisible, mais qui apporte toujours son lot d’émotions. Retour sur la 35ème Nuit des César, diffusée samedi 27 février en clair sur Canal+.
Alors que le Festival de Berlin s’est achevé il y a peu en défendant à la fois Polanski et le cinéma turc, et que les Oscars affichent une future « guerre des ex » entre le favori James « Avatar » Cameron et l’outsider Kathryn « Démineurs » Bigelow, que pouvait donc nous réserver de si spécial cette Nuit des César ? La réponse, nous l’avons eue samedi 27 février, lors d’un sympatique apéro-télé organisé par notre rédac chef adorée. Au menu : un prophète déjà consacré l’an dernier à Cannes, profitant de la cérémonie pour prêcher la bonne parole aux derniers païens, une Isabelle Adjanie émue pour la 5ème fois de sa carrière, remerciant pêle-mêle sa mère, ses enfants, Zidane et Diam’s, une Vanessa Paradis qui a cette fois attendu d’ouvrir l’enveloppe avant de prononcer le nom du vainqueur, une Jeanne Balibar qui couine, une Laetitia Casta habillée à la va-vite... Le tout introduit par la franco-hollywoodienne Marion Cotillard et servi par le tandem Gad Elmaleh / Valérie Lemercier, forçant parfois l’humour mais convaincants dans l’ensemble.
Opérant une véritable razzia cette nuit-là, le film « Un Prophète » de Jacques Audiard est reparti avec 9 récompenses. 3ème César pour le réalisateur Jacques Audiard et consécration pour le jeune acteur Tahar Rahim, remportant à la fois le César du meilleur espoir masculin et celui du meilleur acteur. Un double adoubement qui paraît osé, laissant bredouille l’acteur François Cluzet pourtant nommé dans deux films, eux aussi complètement boudés par les récompenses : « Le Dernier Pour la Route » et « A l’Origine ». Autre film classé parmi les favoris, le drame « Welcome » de Philippe Lioret, ne semblait finalement pas si bienvenu, repartant les mains vides au sortir de la cérémonie. Devant le phénomène « Un Prophète », raflant toutes les mises, seules les actrices purent tirer leur épingle du jeu. Le César de la meilleure actrice revint à Isabelle Adjani pour son rôle dans « La Journée de la Jupe ». 5ème César au sein d’une carrière jonchée de « comebacks », la belle Isabelle ne retint pas ses larmes, et nous fit part encore une fois de son émotion. Moins émue mais toute aussi contente, Emmanuelle Devos se vit décerner pour sa part le César du meilleur second rôle féminin pour sa prestation dans « A l’Origine ». Heureuse surprise, notamment pour les jeunes nostalgiques que nous sommes, le César du meilleur premier film revenant au film « Les Beaux Gosses » de Riad Sattouf. Une oeuvre délirante, servie par une étoile montante de la bande dessinée estampillée « Fluide Glacial ». Autre moment de nostalgie, le César d’honneur attribué à Harrison Ford pour l’ensemble de sa carrière (il n’est pourtant pas si vieux !), sur fond d’extraits de ses meilleurs films : Star Wars, Indiana Jones, Le Fugitif, Witness... Notre âme d’enfant était aux anges ! A noter que le César lui fut décerné à l’occasion par la somptueuse Sigourney Weaver, égérie de Cameron dans « Aliens » et « Avatar », et partenaire de jeu d’Harisson Ford dans « Working Girl ». Au final, la cérémonie aura attiré moins d’audience que l’an dernier avec seulement 1,7 million de téléspectateurs (9,1% de PA*). Une nette érosion depuis 2005, où Canal+ enregistrait son dernier record d’audience, avec 3,3 millions de téléspectateurs. L’explication de cette désaffection ne paraît pas simple, même si cette année, les jeux semblaient déjà faits depuis Cannes. On espère vivement que la prochaine édition connaitra plus de succès !
Cette année et pour la première fois depuis la création du MBA spécialisé en Production Audiovisuelle de l'ESG, deux étudiantes, Akissi Djé et Laure Hemmer, ont décidé d'aller découvrir l'un des plus gros marchés mondiaux du cinéma et le festival d'exception qui l'accompagne, la Berlinale.
L'European Film Market varie de position dans le top 4 des marchés internationaux aux côtés de Cannes, du Toronto International Film Festival (septembre) et de l'American Film Market à Los Angeles (novembre). Mais se déroulant en février, c'est également le premier marché de l'année, celui qui donne le ton au business des ventes. Petite prise de température avec les professionnels de la distribution...
En se promenant dans les allées du Martin Gropius Bau, nous sommes frappées par la présence des distributeurs français (29 stands sur un peu plus d'une centaine). La France est en effet un des pays qui compte le plus de sociétés de distribution, en lien avec le nombre de productions nationales et la couverture du territoire en salles de cinéma. Mais il n'y a pas que des films français dans la besace de ces sociétés. Nous remarquons une partition à peu près à moitié entre les productions française et les productions étrangères. Benoît Sauvage en charge du marketing et de la promotion chez Pathé International nous explique la nécessité de recourir à des produits internationaux, à des fins de visibilité, d'autant plus dans l'environnement et le temps très réduit qu'est celui d'un marché du film, avec ses lots de projections qui s'enchaînent du matin au soir. Car les films français, comme les films d'auteur indépendants ou les films de niche, sont loin de susciter un intérêt chez la majorité des acheteurs : difficiles à positionner, souvent confidentiels au regard d'un marché davantage tourné vers les blockbusters et les films de genre qui promettent une rentabilité quasi-assurée sur la salle mais surtout sur la télévision et bien sûr la vidéo (ventes tous droits). C'est le cas notamment des films d'action, de l'horreur (les distributeurs asiatiques et russophones en étant les spécialistes), des thrillers ou encore des comédies romantiques.
Christophe Pecot, en charge des ventes internationales chez France Télévision Distribution (et collègue de notre bien aimé professeur Jorge Gomes Parein) nous a expliqué cette difficulté de commercialisation des films nationaux, qui se vendent plus aisément en télévision, dans les cases cinéma bien définies, le samedi après-midi sur les networks américains par exemple. L'idéal est d'avoir une locomotive et de faire des packages ; avoir un produit d'appel fort permet en effet une négociation aboutissant à une optimisation des ventes du catalogue. Malgré le peu de titres nouveaux distribués par FTD à Berlin, Apocalypse, le documentaire à succès de l'année dernière s'est très bien vendu ce qui a permis, toujours selon ses dires, de boucler les derniers territoires restants à couvrir. Un autre moyen de dégager de la visibilité est d'avoir un film en compétition, comme nous l'a indiqué l'équipe d'Alfama Films, qui comptait cette année un film en compétition officielle (Caterpillar de Koji Wakamatsu). Néanmoins ce prestige apparent induit par la sélection au festival n'a pas nécessairement de répercussion sur les ventes directes du film au marché, même si le film récolte un prix. Car, comme l'affirme Gaël Nouaille, en charge des ventes internationales chez Wild Bunch, un festival de cette envergure est une « caisse de résonnance » qui peut valoriser ou détruire un film en une seule projection : une telle exposition est un révélateur de qualités mais aussi un amplificateur de défauts. De plus, à Berlin, les films qui se sont le plus vendus ne figuraient pas dans les différentes sélections. Et cette année n'a pas fait exception, les gros deals se sont faits indépendamment du festival.
En somme, la reprise des achats et des ventes semble, dans l'ensemble, amorcée mais les acteurs restent prudents et ne se risquent pas hors des sentiers balisés. Dans un environnement général de crise, la concentration économique joue plus que jamais : les « majors » s'en sortent plutôt bien grâce à des gros films tandis que les distributeurs plus petits peinent à trouver une place à la hauteur de leurs produits (et manquent souvent de « locomotive » pour drainer des achats). En contexte difficile, on limite les risques : au lieu d'investir dans des productions moins coûteuses par simple souci d'économie, on préfère miser sur la rentabilité de quelques films bien formatés. Cependant la baisse générale des prix, induite par la réduction de la production, a tout de même permis aux distributeurs de s'en sortir au sein d'une concurrence amoindrie. Donc rendez-vous à Cannes pour un nouveau baromètre du marché du film, du 12 au 23 mai 2010.
Jugée nécessaire pour certains, honteuse et électoraliste pour d'autres, la question de l'identité nationale est au cœur d'un débat qui fait débat. Comment définit-on l'appartenance à une nation ? Peut-on concilier immigration et identité nationale, comme semble le suggérer le gouvernement actuel ?
Si l'on cherche à trouver une identité nationale, il est nécessaire de se pencher sur notre patrimoine et son éternel miroir : la culture. Longtemps considérée comme «Â exception culturelle », la France a su en effet imposer ses codes et traditions au sein d'une économie mondialisée. Symbole de cette exception culturelle, le cinéma français, est en cela unique au monde. L'invention des frères Lumière jouit en France de moyens de financement et d'un vivier de « cinéastes-auteurs » qui a su bâtir sa renommée au fil des époques, et influencer par la suite de nombreux réalisateurs étrangers.
Pour autant, les « faiseurs » du cinéma français, tous ces acteurs, réalisateurs et producteurs qui ont contribué à la popularité des films nationaux, reflètent-ils nécessairement l'idée d'identité nationale ?
Au cours d'un voyage il y a quelques mois, j'avais demandé à une amie espagnole quels étaient ses films français préférés. Dans son énumération, je m'amusais de découvrir plusieurs chef-d'Å“uvres de notre cher Louis de Funès, dont les rediffusions sur la télévision espagnole, si elles n'atteignaient pas le niveau frénétique des rediffusions françaises, n'avaient pas l'air de manquer.« Normal, » me dit-elle, « Louis de Funès est espagnol à la base ! ». Comment ? Louis de Funès, l'archétype même du Français moyen, râleur, raciste et teigneux, ne serait pas de chez nous ? Et Coluche, l'autre brillant représentant de la France camembert, serait d'origine italienne ? C'est ça, et puis Godard serait suisse pendant qu'on y est !
Et pourtant, force est de constater que le cinéma, comme beaucoup d'autres arts qui forgent notre patrimoine culturel, ne peut pas avoir d'identité nationale. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'un film, dès lors qu'il est exploité, appartient à ses spectateurs. Des spectateurs français, européens, américains, chinois... Qui s'approprieront chacun le film dans leur propre culture et environnement social.
D'autre part, si le sujet d'un film peut revêtir d'une quelconque identité nationale (le récit d'évènements historiques, l'adaptation d'Å“uvres littéraires françaises...), sa thématique, elle, est toujours universelle. Le film Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, s'il peut être perçu par la majorité des spectateurs - français ou étrangers - comme une image fantasmée d'un célèbre quartier de Paris, n'a pourtant pas pour thème Montmartre mais la solitude de ses protagonistes. La solitude est un sentiment qui touche tout le monde, et pas seulement les Français.
Le buzz Comment rester en dehors de ce buzz gigantesque créé autour de la sortie du dernier film de James Cameron ? Si vous n’avez pas vu les milliers d’affiches dévoilant la fameuse créature bleutée, vous n’êtes pas réellement prêt à faire un voyage sur Pandora ! Après des années de préparation, l’homme qui explose les budgets d’Hollywood dévoile enfin son dernier petit bijou, dans plus de 850 salles en France mi-décembre 2009. Avatar impressionne d’abord par ses chiffres : plus de 300 millions de dollars de budget, 15 ans de développement dont 5 ans de production (2 ans de post-production, 60% des prises de vues reconstituées en numérique) qui donnent au final 2h40 de film. Le résultat ? Une véritable plongée dans un univers fantastique et futuriste à la hauteur des attentes générées par la communication chiffrée également en centaines de millions de dollars.
Le pitch Jake Sully (Sam Worthington), un ancien marine paraplégique est envoyé sur une base militaire et industrielle de la planète Pandora pour prendre la place de son frère récemment décédé au sein d’une expérience de biologie génétique. Dirigé par le Dr Grace Augustine (Sigourney Weaver), ce programme vise à créer des avatars Na’vi, le peuple autochtone de Pandora, afin de mieux les comprendre et ainsi les persuader de livrer leur terre à l’exploitation d’un minerai très précieux. Jake, envoyé en éclaireur, se fait peu à peu adopter par les Na’vis et suit les enseignements du clan Omahayas et de la princesse Neytiri (Zoe Saldana), dont il tombe amoureux. Lorsque les vaisseaux du colonel Quaritch (Stephen Lang) attaquent l’arbre sacré des Na’vi, sous lequel est situé le plus gros gisement minéral de la planète, Jake va devoir choisir son camp…
La critique S’insérant parfaitement dans le contexte social et technologique actuel, Avatar convoque aussi bien l’univers du jeu vidéo que le film de guerre, la SF que le merveilleux. L’utilisation de la 3D n’est pas fortuite, elle s’insère parfaitement dans la narration sans tomber dans les effets d’interaction à outrance, ce dont se félicite le producteur John Landau. La profondeur de champ y est impressionnante et nous fait réellement entrer dans l’univers de Pandora sans décalage avec les scènes live. Le réalisme des Na’vi est saisissant, notamment grâce au procédé de Performance Capture développé par Weta Digital (le jeu des acteurs est simplement capté par un casque). Entre les super héros (Batman, Iron Man, Watchmen, Harry Potter, etc…) et les monstres traditionnels (les vampires, zombies et loups-garous avec Wolfman) qui ont rythmé le fantastique ces dernières années, Avatar arrive à point nommé avec un concept original, renouvelant le genre de science-fiction. Développé pour être projeté en Imax, il est certain qu’Avatar marquera un tournant dans la promotion de la 3D Numérique, tant au niveau de la production que de la diffusion.
Virginie Arribart : Ma principale mission est d’appliquer la politique de gestion des ressources humaines, définie par la Direction des Ressources Humaines du Groupe : sur les rémunérations, les formations, le management et la gestion des carrières.
J’ai également en charge l’analyse des besoins humains au sein de l’entreprise et le maintien d’un dialogue social de qualité avec les partenaires sociaux
De plus, je suis garante de la bonne application et du respect du Droit du travail.
Il est important pour exercer cette fonction d’établir des relations de confiance avec l’ensemble des managers des pôles dont j’ai la responsabilité, mais également avec l’ensemble des collaborateurs.
Je ne suis pas seule pour mener à bien l’ensemble de ses missions, j’ai une équipe auprès de moi dont Géraldine CARDEILHAC fait partie.
Quel a été votre parcours professionnel ?
V.A. : J’ai obtenu une maîtrise AES, Administration Economique et Sociale et un troisième cycle spécialisé en Administration du personnel. J’ai commencé à travailler dans une SSII de 1991 à 1993. En 1994, j’ai intégré Madelios filiale du Groupe Bouygues puis en 1996 j’ai été recruté au sein de la Direction des Ressources Humaines de TF1. En 2003, j’ai obtenu le DESS Communication audiovisuelle de l’Université Panthéon-Sorbonne par le biais de la formation continue.
Cet enseignement m’a permis de mieux appréhender l’environnement des Médias.
Quelles sont les principaux métiers du groupe TF1 ?
V.A. : Le Groupe TF1 dû fait de la diversité de ses activités possède 140 métiers. Les lister est donc impossible, ils sont évidemment en lien avec les Antennes du Groupe, les régies publicitaires, l’activité édition distribution ou le pôle nouveaux médias.
Quel est le profil d’un bon stagiaire ?
V.A. : Un stagiaire doit être curieux, motivé par sa formation, posséder de bonnes capacités d’adaptation et surtout être passionné.
Pourquoi est-ce important pour TF1 de multiplier les relations avec les écoles ?
V.A. : Etablir des partenariats avec des écoles identifiées en fonction de nos activités est indispensable.
C’est avant tout établir un lien fort entre deux mondes celui de l’Entreprise et celui de l’Education. De notre côté, il s’agit de proposer des stages voir des emplois mais également des intervenants professionnels. Du côté des écoles c’est nous proposer un vivier de jeunes diplômés compétents et motivés.
Que pensez-vous, plus spécifiquement, du MBA de Production Audiovisuelle de l’ESG ?
V.A. : Je vais surtout laisser la parole à Géraldine, CARDEILHAC qui a identifié cette école.
Géraldine Cardeilhac : J’ai pu apprécier cette formation par le biais de recrutements de stagiaires et de CDI pour la Direction de l’Antenne de TF1 (Amandine Ferreira ou Charlotte Denaud).
Le MBA Production Audiovisuelle possède différents atouts : l’enseignement opérationnel réalisé par des professionnels des médias tels que Gérard LOUVIN, ou Florence CHALOM, le rythme et la durée des stages.
En effet le calendrier du MBA s’intègre parfaitement à celui de la saison télévisuelle, les étudiants peuvent dès la rentrée participer à l’élaboration de différentes émissions.
Quel conseil pourriez-vous donner aux étudiants de cette formation ?
V.A. : Il faut préserver votre passion et votre enthousiasme qui vous guideront pendant toute votre expérience professionnelle. Saisissez toutes les opportunités, possédez une bonne compréhension des différents environnements celui du Producteur, comme celui du Diffuseur.
Accrochez-vous, la période est difficile mais il y aura toujours des émissions à produire, et toujours la volonté de se renouveler.
Article rédigé par
Pierre Chenevat et Barbara Bey (promo 2009)